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En cette fin du XIXe siècle, la société change, et le courant littéraire est donc aux romans d'apprentissage, présentant toujours l'ascension sociale d'un jeune homme dans la société parisienne.
Ainsi ce passage se situe au début de l'ascension sociale du héros Georges Duroy, quand ce dernier fait ses premiers pas dans le monde du journalisme, avec l'aide de son ami Forestier.
On pourra donc se demander quelle place occupe le roman d'apprentissage dans cet extrait, se poser la question de son inscription dans le réalisme, et analyser enfin la description satirique du milieu du journalisme.
Pour ce faire, nous analyserons donc le roman d'apprentissage, puis le réalisme, et nous finirons par étudier le thème de la duplicité.
Analysons dans un premier temps la place du roman d'apprentissage dans cet extrait.
Tout d'abord, le narrateur choisit de nous présenter comment Forestier guide son ami Duroy pour qu'il puisse s'élever dans la société. En effet, nous pouvons remarquer que le terme « salon d'attente » qui, par le sémantisme du mot « attente », présente une pièce où les gens patientent, parfois pendant très longtemps. Et c'est précisément avec l'aide de Forestier qui, par l'injonction à l'impératif « Viens avec moi », traduisant une assurance et une supériorité, que Bel-Ami va pouvoir sortir de cette salle. Cela induit la nécessité d'avoir un guide pour s'élever socialement. Forestier indique ensuite : « Je vais t'introduire », où le besoin d'un intermédiaire pour accéder au « patron » est exprimé, sous-entendu. De même, la phrase « Tu pourrais moisir » renforce cette idée d'attente interminable, mise en exergue par le terme péjoratif « moisir », qui est une hyperbole pour accentuer la durée d'attente, mais expression est relativisée par le conditionnel du verbe « pouvoir ». Ensuite, le pluriel de la phrase « Ils retraversèrent » montre bien la position de guide qu'occupe Forestier, et le fait que « les mêmes personnes demeuraient dans le même ordre » indique encore une fois l'immobilisme des personnes sans guide, immobilisme appuyé par l'itération du terme « même ». Enfin, le fait que les deux personnages pénètrent dans la salle de rédaction protégée par « deux portes capitonnées » indique par le sémantisme de l'adjectif « capitonnées » la difficulté d'accès, la protection de l'univers caché derrière, en l'occurrence la direction du journal, le début de l'ascension sociale.
De plus, il faut ajouter le besoin de Duroy d'être présenté à l'équipe directoriale, et plus spécialement à Walter, besoin traduit ici par le présentatif « Voici » dans l'expression « Voici mon ami Duroy ». Forestier indique également qu' « [il a] fait la chronique avec lui pour lui apprendre le métier » ; le sens du verbe « apprendre » nous incite à découvrir ici l'instauration d'une relation maître/élève, Duroy ayant ici cette fonction d'élève. Ensuite, le guide intercède auprès de Walter pour obtenir pour Duroy un emploi dans le journal, comme il est indiqué dans l'expression « Vous m'avez promis d'engager Duroy », où l'emploi du passé composé renseigne sur le fait que Forestier avait déjà sollicité le patron pour ce poste. Pour finir, la phrase « le journaliste l'entraîna » indique encore une fois, par le sens du verbe, la notion de meneur qui guide Bel-Ami, suivi de l'énumération des consignes sur le métier du journalisme.
Cela nous entraîne à analyser l'apprentissage du métier. En effet, Duroy ayant été introduit dans le monde du journalisme, il reçoit alors un enseignement de Forestier. Celui-ci énumère une série de consignes caractérisant le métier, telle la phrase « Tu viendras ici tous les jours », où le totalisant « tous » caractérise la fréquence du travail qui est quotidien, ou encore les horaires stipulés par la phrase « à trois heures ». Ensuite, les verbes employés au futur, tels « arrangeras », « adresseras », et « faudra » caractérisent la nature du travail à réaliser prochainement. Enfin, le champ lexical du salaire, comme dans la phrase « deux cents francs [...] plus deux sous », avec les termes « toucheras », « dix sous », « francs » ou encore « par mois » précisent le mode de rémunération de Duroy pour cet emploi.
A travers la description de Forestier comme guide et celle de l'apprentissage du métier, nous pouvons affirmer que « Bel-Ami » appartient au genre « roman d'apprentissage ».
Après avoir décrit l'introduction dans ce monde du journalisme, nous sommes amenés à nous poser la question du réalisme dans la description des lieux et des personnages.
Dans un second temps, étudions la place du réalisme dans la description de ce milieu.
Nous pouvons en premier lieu nous intéresser à une description réaliste du thème de la mode. En effet, nous pouvons relever des descriptions physiques précises, relatives notamment aux personnes présentes dans la salle d'attente. Ainsi, nous relevons une adjectivation sur « les hommes graves, décorés, importants » et sur « trois femmes [...], l'une d'elles était jolie, souriante, parée ». Ces juxtapositions d'adjectifs accentuent cet effet de précision et nous permet de constater la représentation des différentes couches de la société dans le salon, depuis « les hommes négligés » jusqu'à « la femme ridée », en passant par celle « en deuil ». Cet échantillon de la société soutient la technique de description réaliste. De plus, à travers cette description, nous pouvons apercevoir aussi une description des statuts sociaux, comme « les hommes décorés » qui, avec l'adjectif « décorés » laisse penser que ce sont des militaires gradés ou des civils ayant reçus des médailles (Légion d'Honneur), tout cela impliquant une place élevée dans la société. L'auteur se plait également à juxtaposer des termes de description physique et des termes de situation sociale et politique comme dans la phrase « un grand monsieur maigre, un député de centre gauche », les adjectifs décrivant l'apparence et la situation sociale.
Nous pouvons aussi analyser cette description romantique dans les lieux. Ainsi, les lieux sont-ils décrits fidèlement, selon une réalité possible. La description est même accentuée par la perception des odeurs comme cette salle de rédaction qui « sent le renfermé, le cuir des meubles, le vieux tabac et l'imprimerie ». Les adjectifs péjoratifs « renfermé » et « vieux » présentent une certaine négligence, tandis que le mot « cuir » reflète un certain luxe. Ce luxe est repris dans la description de la table : « un bois MAIS QUEL EST L'IMBECILE QUI A INVENTE CETTE CONNERIE ??? noir aux incrustations de cuivre ». En effet, le « bois noir » est certainement un bois exotique, luxueux, tel l'ébène, tandis que les « incrustations » sont la preuve d'un travail de marqueterie, travail long et délicat pour des meubles coûteux. Nous pouvons ensuite relever la description du désordre qui règne à travers la diversité des documents, posés « dans un incroyable amas : lettres, cartes, journaux, revues, [...] ». Cette série de mots peut amener le lecteur à faire le parallèle entre le désordre dans la salle de rédaction et celui de la manière syntaxique.
Enfin, nous pouvons analyser le thème du jeu et de l'argent, traité là encore de façon réaliste. Ainsi, l'attitude des joueurs, comme dans la phrase « M. Walter tenait les cartes et jouait avec une attention concentrée et des mouvements cauteleux », laisse percevoir l'implication des joueurs et l'importance du jeu. Le terme « cauteleux » (de manière rusée) peut traduire une habitude du jeu chez Walter, mais celle-ci est peut-être moins marquée que chez son adversaire, pour lequel les termes « joueur exercé » et les verbes « abattait, relevait, maniait les légers cartons coloriés avec une souplesse, une adresse et une grâce » indiquent clairement que le jeu fait parti de son quotidien. La juxtaposition de ces termes et la précision de la description marquent fortement l'attrait du jeu chez ce personnage. De même, le jeu du bilboquet est ici évoqué avec une grande précision, notamment par l'énumération de nombreux scores, tels « vingt-six » ou bien « j'ai fait cinquante-sept coups ». L'importance de ce jeu est renforcée par le soin apporté à la description des objets eux-mêmes : « bilboquets superbes, rangés et numérotés », et la comparaison « comme des bibelots dans une collection ». Ce passage relatif aux jeux renforce l'appartenance de ce roman au style réaliste. Nous pouvons enfin ajouter l'évocation de l'argent dans la mention du salaire de Duroy ; les sommes y sont toujours très précises, comme dans « deux cents francs » ou « deux sous ».
Ces descriptions précises et nombreuses nous permet donc d'affirmer que ce texte appartient au courant réaliste.
Après avoir étudié le réalisme de ce roman d'apprentissage, reste à analyser le thème de la duplicité de ce monde des journalistes.
Dans un dernier temps, nous allons donc analyser la duplicité entre les apparences du journal et la réalité cachée.
Tout d'abord, abordons les apparences . En effet, le journal se donne une image de sérieux, comme indiqué dans « Tout le monde avait de la tenue, de l'allure, de la dignité, du chic, comme il convenait dans l'antichambre d'un grand journal », où nous pouvons observer une gradation de noms au sens mélioratif, de « la tenue » jusqu'au « chic ». De plus, l'adjectif mélioratif « grand », épithète du nom « journal », renforce cette idée de journal important. Ensuite, il est stipulé que M. Walter est « en conférence », qui, par son sémantisme, connote une réunion importante, caractérisée par le sérieux et par le travail. Même des gens à l'allure importante, comme « des hommes graves, décorés, importants » sont obligés d'attendre la fin de cette conférence.
Ensuite, cela entraîne la découverte de la réalité : Duroy découvre une première partie du côté caché du journal au bout d'un « long corridor », pouvant symboliser le passage en coulisses pour découvrir la vérité, l'envers du décor. Il arrive alors dans un bureau où « Forestier », debout devant la cheminée, fumait une cigarette en jouant au bilboquet ». A travers la position « debout », et l'action, « fumait », nous pouvons observer une certaine décontraction, renforcée par le verbe « jouer », complétée par le complément d'objet indirect « au bilboquet ». L'attitude n'est donc pas au travail mais au jeu, comme cela est indiqué dans les discussions : « -[...] j'en connais un à vendre », ou dans le mobilier : « il ouvrit une armoire où Duroy aperçut une vingtaine de bilboquets », où l'adjectif numéral « vingtaine » indique une quantité importante de pièces. Mais il faut aussi ajouter que le compte des scores ponctue toutes les phrases. Cette réalité décalée apparaît plus fortement derrière les « deux portes capitonnées », qui sépare symboliquement le réel de l'image donnée. En effet, la « conférence » est en réalité une partie de cartes : « M. Walter tenait les cartes », où le terme « cartes », appartenant avec « joueur », « parieur » ou « gagné » au champ lexical du jeu, caractérise la nature des réelles activités de la direction du journal. De même, Rival « fumait un cigare, les yeux fermés », où l'adjectif « fermés » associé au nom « yeux » montre une position de repos. Après, Forestier donne des consignes à Duroy, mais celles-ci sont décrédibilisées par la ponctuation des scores au bilboquet, à chaque phrase, comme « - un – je vais te donner une lettre [...] – deux – qui te mettra en rapport [...] ».
A travers la découverte de la duplicité dans le journal, Maupassant fait la satire du journalisme en discréditant le rôle des personnes travaillant dans ce milieu.
Nous pouvons donc conclure que le roman d'apprentissage structure cet extrait qui est inscrit dans le réalisme. Tout ceci sert à dresser la satire du journalisme.
chose inespérée : ce "truc" m'a valu un
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!!!